Cheval de Troie
En clair
Un programme qui fait ce qu'il annonce — et autre chose en plus. C'est vous qui l'avez installé, volontairement, parce qu'il paraissait utile.
Ce que cherche l'attaquant : prendre le contrôle d'un appareil.
Définition
Un cheval de Troie est un logiciel malveillant dissimulé dans un programme d'apparence légitime, que l'utilisateur installe lui-même. Contrairement au virus et au ver, il ne se reproduit pas : il n'a pas besoin de se propager puisqu'il obtient son exécution de la personne visée.
À ne pas confondre avec
| Cheval de Troie | Virus informatique |
|---|---|
| Il ne se reproduit pas : c'est vous qui l'installez, parce qu'il se présente comme un programme utile. | Il se reproduit : il se copie dans d'autres fichiers pour se répandre. |
Ce qui les distingue : Le virus se répand de fichier en fichier ; le cheval de Troie n'a pas besoin de se propager, puisqu'il obtient son exécution de la personne visée.
| Cheval de Troie | Ver informatique |
|---|---|
| Il ne se déplace pas : il attend qu'on l'installe, caché dans un programme d'apparence légitime. | Il se déplace seul d'un appareil à l'autre, sans que personne n'ouvre ni n'installe rien. |
Ce qui les distingue : Le ver se propage par sa propre autonomie ; le cheval de Troie, par la confiance de la personne qui l'installe.
Toutes les attaques qu'on confond, côte à côte : le comparateur « X ou Y ? »
Comment ça fonctionne
Le mécanisme n'est pas technique, il est éditorial : rendre l'installation désirable. Un logiciel payant proposé gratuitement, un utilitaire qui promet d'accélérer un appareil lent, une version modifiée d'une application connue, un lecteur qu'un site prétend nécessaire pour afficher son contenu. Le programme téléchargé fait généralement ce qu'il annonce, ce qui écarte le soupçon, et exécute en même temps sa charge réelle : ouvrir un accès distant, installer d'autres composants, collecter des identifiants. La conséquence pratique est que le moment décisif n'est pas l'exécution mais le téléchargement — c'est la seule étape où la décision vous appartient encore entièrement.
Pourquoi ça marche
Le programme fait ce qu'il promet, ce qui écarte le soupçon. La gratuité d'un logiciel payant ou la promesse d'un appareil plus rapide créent une envie qui passe avant la question de la provenance.
Sur quoi cette attaque s'appuie
Comprendre ces ressorts vaut mieux que retenir cent fiches : c'est ce qui permet de reconnaître une arnaque que personne n'a encore décrite.
Signaux d'alerte
- Logiciel habituellement payant proposé gratuitement, ou version « débridée » d'une application connue
- Téléchargement proposé depuis un site tiers, un lien de messagerie ou une publicité plutôt que depuis l'éditeur
- Installation qui réclame des droits d'administration sans raison liée à sa fonction annoncée
- Programme présenté comme indispensable pour lire une vidéo ou ouvrir un document
- Applications ou icônes apparues après l'installation, que vous n'avez pas choisies
Exemple
Exemple fictif — aucune organisation ni adresse réelle
Lien partagé sur un forum, pour un logiciel de montage habituellement payant.
Version complète débloquée, toutes les fonctions, sans licence. Désactivez votre antivirus pendant l'installation, il bloque le patch par erreur.
Ce qui le trahit
- Un logiciel payant offert gratuitement par un inconnu.
- La demande de désactiver l'antivirus.
- Le fichier ne vient pas du site de l'éditeur.
Comment vérifier
Avant d'installer : partez du nom de l'éditeur et rejoignez son site par une recherche indépendante plutôt que par le lien qui vous est proposé, puis téléchargez depuis là. Sur téléphone, restez sur le magasin d'applications officiel. Après coup, la vérification est beaucoup moins fiable — un programme conçu pour ne pas se voir se voit mal — ce qui est précisément la raison de vérifier avant.
Les questions à se poser, dans l'ordre
Le logiciel vient-il d'ailleurs que du site de son éditeur ou d'un magasin officiel ?
Si oui : Ne l'installez pas : rejoignez l'éditeur par une recherche indépendante.
L'installation vous demande-t-elle de désactiver une protection ?
Si oui : Arrêtez : c'est une raison suffisante de renoncer.
Avez-vous déjà installé et lancé le programme ?
Si oui : Déconnectez l'appareil et changez vos mots de passe depuis un autre appareil, en commençant par la messagerie.
Que faire
N'installez que depuis la source d'origine, même quand un intermédiaire paraît plus commode. Refusez les logiciels que l'on vous présente comme nécessaires pour consulter un contenu : c'est un prétexte, pas un besoin technique.
Si c'est déjà arrivé
Déconnectez l'appareil du réseau. Considérez que tous les identifiants saisis ou enregistrés sur cette machine sont exposés et changez-les depuis un autre appareil, en commençant par la messagerie qui sert à réinitialiser les autres comptes. La désinstallation du programme ne suffit pas à établir que la machine est saine : sur un appareil qui contient des données importantes, la réinstallation du système est la seule remise à zéro dont on puisse répondre. Signalez les faits sur cybermalveillance.gouv.fr.
Pour que ça ne se reproduise pas
- N'installez que depuis la source d'origine, même si un intermédiaire paraît plus commode.
- Refusez tout programme présenté comme nécessaire pour lire un contenu.
- Gardez votre protection active : une installation qui demande de la couper n'est pas légitime.
Les gestes qui déjouent cette attaque
Testez-vous
Un logiciel de retouche habituellement payant est proposé gratuitement, avec un fichier pour contourner l'activation.
Lancer la simulation « Cheval de Troie »Questions fréquentes
- Quelle différence avec un virus ?
- La reproduction. Un virus se copie pour se répandre ; un cheval de Troie ne se copie pas, parce qu'il obtient de vous ce que le virus doit voler — son exécution. C'est aussi pourquoi il n'y a rien à « attraper » : il y a eu une installation.
- Le logiciel que j'ai installé fonctionne normalement. Est-ce rassurant ?
- Non, c'est le principe même du procédé. Un programme piégé qui ne remplirait pas sa fonction annoncée serait désinstallé dans la minute. Le fonctionnement normal est un argument de discrétion, pas une preuve d'innocuité.
Attaques liées
- Rançongiciel (ransomware)
- Faux téléchargement
- Fausse mise à jour de navigateur
- Logiciel espion (spyware)
- Application malveillante
- Botnet (réseau d'appareils zombies)
- Baiting (appât)
- Infostealer (logiciel voleur d'identifiants)
- Virus informatique
- Ver informatique
- Rootkit
- Cryptojacking (minage pirate)
- Scareware (logiciel alarmiste)
Sources officielles
Aussi appelée : trojan, troyen, logiciel piégé, cheval de troie informatique.
Cette fiche fait partie de la famille Logiciels malveillants. Mise à jour : 2026-09-03.