Usurpation ARP
En clair
Sur un réseau que vous avez déjà rejoint, un appareil se fait passer pour la box auprès du vôtre. Votre trafic lui est remis avant d'être transmis.
Ce que cherche l'attaquant : voler des identifiants.
Définition
L'usurpation ARP est une technique par laquelle un appareil déjà présent sur un réseau local se fait passer pour la passerelle — la box ou le routeur — auprès des autres appareils, afin que leur trafic transite par lui. Elle suppose un accès préalable au réseau, ce qui la distingue du faux point d'accès, où c'est le réseau lui-même qui est fourni par le tiers.
À ne pas confondre avec
| Usurpation ARP | Faux point d'accès Wi-Fi |
|---|---|
| Sur un réseau que vous avez déjà rejoint, un appareil se fait passer pour la box. | Le réseau lui-même est fourni par le tiers, sous un nom qui imite celui que vous attendez. |
Ce qui les distingue : L'usurpation ARP suppose un accès préalable au réseau ; avec le faux point d'accès, c'est vous qui rejoignez le réseau de l'attaquant.
Toutes les attaques qu'on confond, côte à côte : le comparateur « X ou Y ? »
Comment ça fonctionne
Sur un réseau local, les appareils déterminent entre eux qui détient quelle adresse par un échange de questions et de réponses conçu à une époque où l'on supposait les participants honnêtes. Ce mécanisme ne comporte pas de vérification d'identité : une réponse affirmant « c'est moi la passerelle » est acceptée comme telle. Un appareil malveillant présent sur le réseau peut donc se placer sur le chemin sans rien forcer, en se contentant de répondre. Les conséquences sont celles de toute interception, avec deux particularités. La première est le périmètre : cela ne fonctionne que sur le réseau local, donc suppose que l'attaquant y soit déjà — un invité, un appareil compromis du foyer, un poste voisin dans un espace partagé. La seconde est l'invisibilité : rien ne change du point de vue de l'utilisateur, il n'y a pas de réseau à choisir, pas de page à valider, pas de nom suspect. C'est pourquoi la protection ne peut pas être comportementale : elle consiste à ne pas laisser d'appareil inconnu sur son réseau, et à ne pas dépendre du réseau pour la confidentialité.
Pourquoi ça marche
Rien ne change à l'écran : pas de réseau à choisir, pas de page à valider. Sur un réseau partagé, on fait confiance aux autres appareils sans savoir qui ils sont.
Sur quoi cette attaque s'appuie
Comprendre ces ressorts vaut mieux que retenir cent fiches : c'est ce qui permet de reconnaître une arnaque que personne n'a encore décrite.
Signaux d'alerte
- Appareils inconnus dans la liste des équipements connectés à votre box
- Avertissements de certificat répétés sur un réseau donné, et sur lui seul
- Lenteurs ou coupures régulières touchant plusieurs appareils du même réseau
- Sur un réseau partagé — colocation, espace de travail, hôtel — vous n'avez aucun moyen de savoir qui est présent
- Aucun signe visible, ce qui est le cas ordinaire
Exemple
Exemple fictif — aucune organisation ni adresse réelle
Liste des appareils connectés à votre box, consultée après des avertissements de certificat répétés à la maison.
Appareils connectés : • ordinateur-salon • telephone-marc • appareil-inconnu (connecté depuis 3 jours)
Ce qui le trahit
- Un appareil que personne ne reconnaît est présent depuis plusieurs jours.
- Les avertissements de certificat n'apparaissent que sur ce réseau.
- Le mot de passe du Wi-Fi a été donné à des invités.
Comment vérifier
La vérification à votre portée porte sur la composition du réseau, pas sur l'attaque : ouvrez l'interface de votre box et identifiez chaque appareil connecté. Ce qui ne s'explique pas doit être retiré. Sur un réseau partagé que vous ne gérez pas, considérez la question comme indécidable et agissez en conséquence.
Les questions à se poser, dans l'ordre
La liste des appareils de la box contient-elle un équipement que personne n'explique ?
Si oui : Retirez-le du réseau et changez le mot de passe du Wi-Fi et celui de l'administration de la box.
Des avertissements de certificat apparaissent-ils sur ce réseau, et sur lui seul ?
Si oui : N'y saisissez rien et utilisez le partage de connexion de votre téléphone.
L'appareil intrus appartient-il au foyer ?
Si oui : Traitez-le comme compromis : remise à zéro et mise à jour avant de le rebrancher.
Que faire
Ne laissez pas d'appareil inconnu sur votre réseau : mot de passe Wi-Fi solide, réseau invité séparé pour les visiteurs et les objets connectés. Sur un réseau que vous ne gérez pas, ne comptez pas sur le réseau pour la confidentialité — les connexions chiffrées et, si nécessaire, un VPN font le travail que le réseau local ne peut pas faire.
Si c'est déjà arrivé
Retirez du réseau l'appareil non identifié et changez le mot de passe du Wi-Fi ainsi que celui de l'interface d'administration de la box, souvent resté à sa valeur d'usine. Depuis un autre réseau, changez les mots de passe des services utilisés et fermez les sessions ouvertes. Si l'appareil intrus appartient au foyer, il est lui-même compromis : traitez-le comme tel avant de le rebrancher. Signalez les faits sur cybermalveillance.gouv.fr.
Pour que ça ne se reproduise pas
- Utilisez un mot de passe Wi-Fi solide et un réseau invité pour les visiteurs.
- Relisez de temps en temps la liste des appareils connectés à la box.
- Sur un réseau partagé, ne comptez pas sur le réseau pour la confidentialité.
Testez-vous sur une attaque voisine
Pas de simulation pour cette attaque-ci. Celle-ci en est proche : En ouvrant un site que vous consultez sans problème d'habitude, le navigateur affiche un avertissement de sécurité.
Simulation : Empoisonnement DNSQuestions fréquentes
- Suis-je concerné chez moi ?
- Seulement si un appareil indésirable est présent sur votre réseau — intrus connecté au Wi-Fi, ou équipement du foyer déjà compromis. C'est pour cette raison que la protection utile est en amont : un mot de passe Wi-Fi solide et un réseau invité séparé pour les objets connectés.
- Puis-je le détecter moi-même ?
- Pas de façon fiable sans outillage technique, et ce n'est pas la bonne piste. La question à votre portée est plus simple et plus utile : qui est connecté à mon réseau ? Si vous pouvez répondre à celle-là, l'attaque n'a pas de point de départ.
Attaques liées
Sources officielles
Aussi appelée : ARP spoofing, ARP poisoning, empoisonnement ARP, usurpation sur réseau local.
Cette fiche fait partie de la famille Réseaux et Wi-Fi. Mise à jour : 2026-09-03.