Diffusion non consentie d'images intimes
En clair
Des images intimes que vous aviez confiées à quelqu'un sont publiées ou envoyées sans votre accord. Il n'y a pas de demande d'argent : l'objectif est de nuire. C'est une infraction pénale, et vous en êtes la victime.
Ce que cherche l'attaquant : exercer une emprise sur une personne.
Définition
La diffusion non consentie d'images intimes est la publication ou la transmission, sans l'accord de la personne concernée, de contenus à caractère sexuel la représentant, généralement obtenus dans le cadre d'une relation de confiance.
Comment ça fonctionne
Ce qui distingue cette atteinte des autres pages de ce site est qu'elle ne suppose aucune compromission technique : les images ont été partagées volontairement, dans une relation, et c'est cette confiance qui est retournée. La diffusion intervient le plus souvent après une rupture, et vise l'entourage réel — famille, employeur, cercle amical — parce que c'est là que le préjudice est maximal. La rapidité de propagation en fait une urgence : chaque heure augmente le nombre de copies, et le retrait devient d'autant plus difficile. Une variante consiste à diffuser des images fabriquées à partir de photographies publiques, avec le même effet sur la personne visée.
Sur quoi cette attaque s'appuie
Comprendre ces ressorts vaut mieux que retenir cent fiches : c'est ce qui permet de reconnaître une arnaque que personne n'a encore décrite.
Signaux d'alerte
- Menaces de diffusion formulées pendant ou après une rupture
- Demandes répétées de nouvelles images sous prétexte de preuve d'amour
- Découverte de contenus vous concernant sur un site, un forum ou un groupe
- Contacts inhabituels de proches évoquant des contenus vous représentant
- Création de comptes reprenant votre nom pour diffuser ces contenus
Comment vérifier
Avant toute suppression, constatez et conservez : captures d'écran horodatées, adresses des pages, identifiants des comptes diffuseurs. Supprimer sans conserver prive la plainte de ses éléments les plus utiles. Une recherche de vos photographies sur un moteur de recherche d'images permet d'identifier les autres emplacements de diffusion.
Que faire
Agissez vite et sur deux fronts en parallèle : signalez à chaque plateforme en utilisant la procédure dédiée aux contenus intimes non consentis, qui est traitée en priorité, et déposez plainte. Ne contactez pas la personne à l'origine de la diffusion : cela n'obtient pas le retrait et nuit à la procédure.
Si c'est déjà arrivé
Déposez plainte : la diffusion d'images intimes sans consentement est pénalement réprimée en France, y compris entre anciens partenaires. Le 3018 accompagne les victimes de harcèlement en ligne, y compris pour obtenir des retraits accélérés auprès des plateformes. Faites-vous accompagner — par un proche, une association, un avocat : les démarches sont longues et il n'y a aucune raison de les mener seul. Avoir fait confiance à un partenaire n'est pas une faute, et aucune procédure ne vous le reprochera.
Questions fréquentes
- J'ai envoyé ces images volontairement. Cela m'est-il opposable ?
- Non. Le consentement à partager une image avec une personne n'est pas un consentement à sa diffusion. C'est précisément ce que la loi distingue, et l'infraction porte sur la diffusion, pas sur l'existence de l'image.
- Le contenu réapparaît après chaque suppression.
- C'est fréquent et cela n'annule pas l'intérêt des signalements : chaque retrait réduit la diffusion, et les plateformes disposent d'empreintes numériques permettant de bloquer les remises en ligne d'un même fichier. Continuez à signaler, et documentez chaque réapparition pour la procédure en cours.
Attaques liées
Sources officielles
Aussi appelée : revenge porn, vengeance pornographique, publication d'images intimes sans consentement.
Cette fiche fait partie de la famille Chantage, harcèlement et atteintes à la personne. Mise à jour : 2026-09-02.