Diffusion non consentie d'images intimes
En clair
Des images intimes que vous aviez confiées à quelqu'un sont publiées ou envoyées sans votre accord. Il n'y a pas de demande d'argent : l'objectif est de nuire. C'est une infraction pénale, et vous en êtes la victime.
Ce que cherche l'attaquant : exercer une emprise sur une personne.
Définition
La diffusion non consentie d'images intimes est la publication ou la transmission, sans l'accord de la personne concernée, de contenus à caractère sexuel la représentant, généralement obtenus dans le cadre d'une relation de confiance.
À ne pas confondre avec
| Diffusion non consentie d'images intimes | Détournement de photos par IA |
|---|---|
| Des images intimes réelles, confiées à quelqu'un, publiées ou envoyées sans accord. | Des images fabriquées à partir de photos ordinaires et publiques : la personne n'a jamais rien envoyé d'intime. |
Ce qui les distingue : Le détournement par IA fabrique des images qui n'ont jamais existé ; la diffusion non consentie publie des images réelles obtenues dans une relation de confiance.
| Diffusion non consentie d'images intimes | Sextorsion |
|---|---|
| La diffusion elle-même, sans demande d'argent : l'objectif est de nuire. | Une menace de diffuser des contenus intimes pour obtenir de l'argent, d'autres images ou la poursuite d'une relation. |
Ce qui les distingue : La sextorsion menace pour obtenir quelque chose ; la diffusion non consentie est déjà passée à l'acte.
Toutes les attaques qu'on confond, côte à côte : le comparateur « X ou Y ? »
Comment ça fonctionne
Ce qui distingue cette atteinte des autres pages de ce site est qu'elle ne suppose aucune compromission technique : les images ont été partagées volontairement, dans une relation, et c'est cette confiance qui est retournée. La diffusion intervient le plus souvent après une rupture, et vise l'entourage réel — famille, employeur, cercle amical — parce que c'est là que le préjudice est maximal. La rapidité de propagation en fait une urgence : chaque heure augmente le nombre de copies, et le retrait devient d'autant plus difficile. Une variante consiste à diffuser des images fabriquées à partir de photographies publiques, avec le même effet sur la personne visée.
Pourquoi ça marche
Les images avaient été confiées dans une relation, et c'est cette confiance que l'auteur retourne. La honte pousse à se taire, alors que chaque heure compte pour limiter les copies.
Sur quoi cette attaque s'appuie
Comprendre ces ressorts vaut mieux que retenir cent fiches : c'est ce qui permet de reconnaître une arnaque que personne n'a encore décrite.
Signaux d'alerte
- Menaces de diffusion formulées pendant ou après une rupture
- Demandes répétées de nouvelles images sous prétexte de preuve d'amour
- Découverte de contenus vous concernant sur un site, un forum ou un groupe
- Contacts inhabituels de proches évoquant des contenus vous représentant
- Création de comptes reprenant votre nom pour diffuser ces contenus
Exemple
Exemple fictif — aucune organisation ni adresse réelle
Message d'une amie, tard le soir.
Je préfère te prévenir : quelqu'un a partagé des photos de toi dans un groupe de discussion. Je n'ai rien relayé. Tu veux que je t'envoie le nom du groupe pour que tu puisses le signaler ?
Ce qui le trahit
- La diffusion vise votre entourage réel : c'est là que l'auteur veut nuire.
- Le temps joue : plus tôt le signalement, moins de copies.
- Vous êtes la victime, pas l'auteur.
Comment vérifier
Avant toute suppression, constatez et conservez : captures d'écran horodatées, adresses des pages, identifiants des comptes diffuseurs. Supprimer sans conserver prive la plainte de ses éléments les plus utiles. Une recherche de vos photographies sur un moteur de recherche d'images permet d'identifier les autres emplacements de diffusion.
Les questions à se poser, dans l'ordre
Des images intimes de vous circulent-elles sans votre accord ?
Si oui : Faites des captures horodatées et notez les adresses avant toute demande de suppression.
Les preuves sont-elles conservées ?
Si oui : Signalez à chaque plateforme avec la procédure dédiée aux contenus intimes non consentis, et déposez plainte en parallèle.
Êtes-vous tenté de contacter la personne à l'origine de la diffusion ?
Si oui : Ne le faites pas : cela n'obtient pas le retrait. Appuyez-vous sur le 3018 et sur un proche.
Que faire
Agissez vite et sur deux fronts en parallèle : signalez à chaque plateforme en utilisant la procédure dédiée aux contenus intimes non consentis, qui est traitée en priorité, et déposez plainte. Ne contactez pas la personne à l'origine de la diffusion : cela n'obtient pas le retrait et nuit à la procédure.
Si c'est déjà arrivé
Déposez plainte : la diffusion d'images intimes sans consentement est pénalement réprimée en France, y compris entre anciens partenaires. Le 3018 accompagne les victimes de harcèlement en ligne, y compris pour obtenir des retraits accélérés auprès des plateformes. Faites-vous accompagner — par un proche, une association, un avocat : les démarches sont longues et il n'y a aucune raison de les mener seul. Avoir fait confiance à un partenaire n'est pas une faute, et aucune procédure ne vous le reprochera.
Pour que ça ne se reproduise pas
- Retenez qu'avoir fait confiance n'est pas une faute.
- Si des menaces de diffusion apparaissent pendant ou après une rupture, conservez-les dès maintenant.
- Désignez à l'avance une personne de confiance à qui en parler.
Testez-vous sur une attaque voisine
Pas de simulation pour cette attaque-ci. Celle-ci en est proche : Un message d'un compte inconnu affirme détenir des images de vous et demande un paiement.
Simulation : Détournement de photos par IAQuestions fréquentes
- J'ai envoyé ces images volontairement. Cela m'est-il opposable ?
- Non. Le consentement à partager une image avec une personne n'est pas un consentement à sa diffusion. C'est précisément ce que la loi distingue, et l'infraction porte sur la diffusion, pas sur l'existence de l'image.
- Le contenu réapparaît après chaque suppression.
- C'est fréquent et cela n'annule pas l'intérêt des signalements : chaque retrait réduit la diffusion, et les plateformes disposent d'empreintes numériques permettant de bloquer les remises en ligne d'un même fichier. Continuez à signaler, et documentez chaque réapparition pour la procédure en cours.
Attaques liées
Sources officielles
Aussi appelée : revenge porn, vengeance pornographique, publication d'images intimes sans consentement.
Cette fiche fait partie de la famille Chantage, harcèlement et atteintes à la personne. Mise à jour : 2026-09-02.