Sextorsion
En clair
Quelqu'un affirme détenir des images intimes de vous et menace de les envoyer à vos proches si vous ne payez pas. La menace est réelle dans certains cas, inventée dans beaucoup d'autres — et dans les deux, payer ne met pas fin à la demande.
Ce que cherche l'attaquant : obtenir un paiement.
Définition
La sextorsion est une extorsion fondée sur des contenus à caractère intime : l'auteur menace de les diffuser à l'entourage de la victime — famille, collègues, abonnés — pour obtenir de l'argent, d'autres images, ou la poursuite d'une relation.
À ne pas confondre avec
| Sextorsion | Chantage au faux piratage |
|---|---|
| L'auteur détient, ou a pu obtenir, des images intimes de vous, et menace de les diffuser. | Rien n'existe : un email envoyé en masse prétend que votre webcam vous a filmé. |
Ce qui les distingue : La première question à se poser : avez-vous réellement partagé des images intimes, ou été filmé, avec la personne qui vous menace ? Dans les deux cas, payer ne met pas fin à la demande.
| Sextorsion | Diffusion non consentie d'images intimes |
|---|---|
| Une menace de diffuser des contenus intimes pour obtenir de l'argent, d'autres images ou la poursuite d'une relation. | La diffusion elle-même, sans demande d'argent : l'objectif est de nuire. |
Ce qui les distingue : La sextorsion menace pour obtenir quelque chose ; la diffusion non consentie est déjà passée à l'acte.
Toutes les attaques qu'on confond, côte à côte : le comparateur « X ou Y ? »
Comment ça fonctionne
Le contact s'établit sur un réseau social, une application de rencontre ou un jeu en ligne, avec un profil attrayant et un échange qui devient rapidement intime. L'auteur propose un appel vidéo, l'enregistre, ou obtient des images par la conversation. La bascule est brutale et fait partie du procédé : le ton change en quelques minutes, une liste de contacts extraite du profil public est affichée comme preuve de ce qui peut être fait, et un délai très court est imposé. La rapidité empêche d'en parler à quiconque, et c'est l'isolement qui fait céder, pas la menace elle-même. Le paiement n'arrête rien : il établit que la victime paie, et les demandes reprennent.
Pourquoi ça marche
La bascule est brutale, et la honte isole : l'auteur impose quelques heures pour que la personne n'en parle à personne. Payer paraît être le moyen d'en finir, alors que cela ne fait que relancer la demande.
Sur quoi cette attaque s'appuie
Comprendre ces ressorts vaut mieux que retenir cent fiches : c'est ce qui permet de reconnaître une arnaque que personne n'a encore décrite.
Signaux d'alerte
- Relation en ligne qui devient intime en quelques échanges seulement
- Insistance pour passer rapidement à un appel vidéo
- Changement de ton immédiat après l'obtention d'images
- Liste de vos contacts affichée pour prouver qu'ils peuvent être joints
- Délai très court imposé, souvent quelques heures
- Demande de paiement en cryptomonnaie ou par cartes prépayées
Exemple
Exemple fictif — aucune organisation ni adresse réelle
Message reçu juste après un appel vidéo avec une personne rencontrée en ligne quelques jours plus tôt.
J'ai enregistré notre appel. Voici la liste de tes amis (captures de votre liste de contacts). Envoie 500 € avant ce soir, sinon je leur envoie tout.
Ce qui le trahit
- Le ton change d'un coup, juste après l'appel.
- La liste de vos contacts vient de votre profil public.
- Le délai très court sert à vous empêcher d'en parler.
Comment vérifier
La question n'est pas de savoir si les images existent : la réponse est la même dans les deux cas. Ne cherchez pas à négocier pour le découvrir, car chaque échange fournit des informations supplémentaires. Un compte créé récemment, sans historique et sans relations communes vérifiables, indique un profil fabriqué pour cet usage.
Les questions à se poser, dans l'ordre
Avez-vous moins de 18 ans ?
Si oui : Parlez-en tout de suite à un adulte de confiance : un parent, un professeur, un éducateur. Le 3018 vous accompagne, vous et cet adulte.
Quelqu'un vous menace-t-il de diffuser des images si vous ne payez pas ?
Si oui : Ne payez pas, n'envoyez rien, ne répondez plus, mais gardez la conversation et faites des captures.
Les preuves sont-elles conservées ?
Si oui : Bloquez et signalez le compte, prévenez une personne de confiance et déposez plainte.
Que faire
Ne payez pas et n'envoyez rien de plus. Cessez de répondre, mais ne supprimez pas la conversation : elle est votre preuve. Faites des captures d'écran du profil, des messages et de l'identifiant du compte, puis bloquez et signalez le compte à la plateforme. Prévenez une personne de confiance — l'isolement est la condition de réussite de ce chantage.
Si c'est déjà arrivé
Déposez plainte : la sextorsion est une infraction pénale, et vous en êtes la victime, pas l'auteur. Les plateformes disposent de procédures de retrait accélérées pour les contenus intimes non consentis ; signalez-y le compte et les contenus. Si la personne visée a moins de 18 ans, la situation est différente et plus grave : les images d'un mineur relèvent d'une infraction spécifique, l'urgence est réelle, et il faut en parler à un adulte immédiatement — un parent, un professeur, un éducateur, n'importe lequel. Le 3018 est joignable pour cela et accompagne aussi bien le jeune que l'adulte qui l'aide. Ne pas oser en parler est ce sur quoi l'auteur compte, et c'est la seule chose qui lui donne du pouvoir. Rien de ce qui s'est passé ne justifie la honte : avoir fait confiance n'est pas une faute.
Pour que ça ne se reproduise pas
- Méfiez-vous d'une relation en ligne qui devient intime en quelques échanges.
- Masquez votre liste de contacts au public.
- Retenez que vous n'êtes pas l'auteur : en parler retire son pouvoir au chantage.
Les gestes qui déjouent cette attaque
Testez-vous sur une attaque voisine
Pas de simulation pour cette attaque-ci. Celle-ci en est proche : Un email affirme avoir pris le contrôle de votre webcam et cite un ancien mot de passe comme preuve.
Simulation : Chantage au faux piratageQuestions fréquentes
- Faut-il payer pour gagner du temps ?
- Non. Un paiement démontre que la menace fonctionne et déclenche systématiquement de nouvelles demandes, souvent plus élevées. Le seul geste qui interrompt la mécanique est l'arrêt complet de la communication.
- J'ai honte d'en parler à la police ou à mes proches.
- C'est la réaction que l'auteur recherche, et elle est produite délibérément. Les services qui reçoivent ces plaintes y sont formés et en traitent régulièrement. En parler à une seule personne de confiance suffit à briser l'isolement sur lequel repose tout le chantage.
- Comment savoir si les images existent vraiment ?
- Vous ne pouvez généralement pas le savoir, et chercher à le vérifier vous engage dans un échange que l'auteur contrôle. La conduite à tenir est identique dans les deux cas : ne pas payer, conserver les preuves, signaler, déposer plainte.
Attaques liées
Sources officielles
Aussi appelée : chantage à la webcam, extorsion sexuelle, chantage aux images intimes.
Cette fiche fait partie de la famille Chantage, harcèlement et atteintes à la personne. Mise à jour : 2026-09-02.