Pourquoi ça marche sur nous
Aucune des attaques décrites sur ce site n'exploite une faille informatique chez la victime. Elles exploitent des réactions humaines ordinaires — et il n'y en a que quelques-unes. Les comprendre vaut mieux que retenir cent fiches : c'est ce qui permet de reconnaître une arnaque que personne n'a encore décrite.
- L'urgence45 attaques l'utilisent
On vous donne trop peu de temps pour réfléchir. Ce n'est pas un hasard de calendrier : le délai est choisi pour que vous décidiez avant d'avoir pu vérifier.
« Qu'est-ce qui se passe réellement si j'attends une heure avant de faire ça ? »
- La peur20 attaques l'utilisent
On vous annonce qu'une chose grave est en train de se produire ou va se produire. La peur occupe l'esprit, et pendant ce temps c'est l'autre qui propose la solution.
« Qui m'annonce ce danger, et pourquoi la solution vient-elle de la même personne ? »
- L'autorité25 attaques l'utilisent
L'interlocuteur se présente comme quelqu'un qu'on ne contredit pas : la banque, l'administration, la police, la direction. On obéit avant d'avoir vérifié qui parle.
« Est-ce que j'hésite parce que c'est douteux, ou parce que je n'ose pas demander ? »
- La confiance68 attaques l'utilisent
Ce qui vous parvient ressemble à ce que vous connaissez : le nom d'un proche, le logo de votre banque, une adresse presque exacte. La ressemblance fait office de preuve.
« Est-ce que je reconnais cette personne, ou seulement les signes qui la désignent ? »
- La pression sociale16 attaques l'utilisent
On vous met dans une situation où refuser paraît déplacé : ne pas aider un proche, faire attendre un supérieur, décevoir quelqu'un qui compte sur vous.
« Est-ce que j'accepte parce que c'est justifié, ou parce que refuser serait gênant ? »
- La récompense20 attaques l'utilisent
On vous annonce une bonne nouvelle : un remboursement, un gain, une offre. Une bonne nouvelle ne déclenche pas de méfiance — c'est tout son intérêt pour l'attaquant.
« Pourquoi cette démarche a-t-elle besoin de quelque chose de ma part si c'est moi qui reçois ? »
- L'appât du gain6 attaques l'utilisent
Une occasion financière trop belle, présentée comme réservée à ceux qui savent. Ce n'est pas la cupidité qui fait céder : c'est la peur de laisser passer.
« Si c'est si rentable et sans risque, pourquoi a-t-on besoin de mon argent ? »
- La curiosité14 attaques l'utilisent
Un fichier, un lien ou un objet trouvé dont on veut juste savoir ce qu'il contient. Regarder paraît sans risque — et c'est ce « juste regarder » qui suffit.
« Qu'est-ce que ça me coûte de ne jamais savoir ce qu'il y avait dedans ? »
- La rareté4 attaques l'utilisent
Il ne reste que deux exemplaires, l'offre finit dans neuf minutes, le logement part demain. Une rareté annoncée n'a pas besoin d'être réelle pour fonctionner : il lui suffit d'être affichée, et elle sert à empêcher la comparaison.
« Est-ce que je choisis cette offre, ou est-ce que je fuis seulement l'idée de la rater ? »