Analyseur de message suspect
Ce message est-il une arnaque ?
Collez un SMS, un email ou un message reçu. L'outil montre les procédés d'arnaque qu'il contient — un délai, une demande de code, de petits frais, un lien —, lit chaque lien comme le navigateur le lit, et nomme les attaques qui y ressemblent. Tout se passe dans votre navigateur : le message n'est envoyé nulle part.
Comment l'outil lit un message
Les arnaques par message se ressemblent moins par leurs mots que par leurs procédés : vous presser, vous faire peur ou vous promettre quelque chose, puis vous faire agir vous-même — payer, donner un code, vous connecter par un lien. L'outil cherche ces procédés un par un, avec des règles écrites à partir des fiches du site. Pour chaque procédé trouvé, il cite les mots du message qui l'ont déclenché et explique pourquoi les fraudeurs l'utilisent. Les liens sont lus avec la liste publique des extensions qu'utilisent les navigateurs, pour isoler le vrai propriétaire de l'adresse.
Il ne rend pas de verdict. Un message honnête peut contenir un délai ; une arnaque soignée peut n'en contenir aucun. Le résultat sert à savoir quoi vérifier, et comment.
Les 26 procédés que l'outil repère
- Un délai très court
- Un délai de quelques minutes ou de quelques heures n'a qu'une fonction : vous faire agir avant d'avoir vérifié. Une demande légitime survit toujours à une heure de réflexion.
- Une menace ou une sanction
- Compte bloqué, poursuites, majoration : la peur d'une conséquence pousse à chercher la solution proposée plutôt qu'à vérifier qui l'annonce. Un organisme réel vous laisse le temps et un moyen de vérifier par vous-même.
- De petits frais pour débloquer quelque chose
- Un montant de quelques euros pour libérer un colis, un gain ou un paiement sert rarement à encaisser ces euros : il sert à obtenir votre numéro de carte complet. Recevoir quelque chose ne demande jamais de payer d'abord.
- Une demande de paiement ou de coordonnées bancaires
- Un message qui vous demande de payer, de virer ou de saisir votre carte vous fait faire vous-même l'opération : c'est ce qui la rend difficile à contester ensuite. Payez uniquement depuis votre espace officiel, que vous ouvrez vous-même.
- Un paiement par carte cadeau ou coupon
- Aucun organisme, aucun service client et aucune administration ne se fait payer en cartes cadeaux ou en coupons prépayés. Ce moyen est demandé parce qu'il est impossible à annuler et difficile à tracer.
- Un changement de coordonnées bancaires
- Une nouvelle banque, un nouvel IBAN annoncé par message : c'est le procédé qui détourne un paiement attendu. Un changement de coordonnées se confirme toujours par téléphone, sur un numéro que vous aviez déjà.
- Une demande de code
- Un code reçu par SMS ou dans une application sert à prouver que c'est vous. Quiconque vous le demande — banque, support, proche — cherche à se faire passer pour vous. Aucun service ne demande jamais ce code.
- Une demande de connexion ou d'informations personnelles
- « Confirmez vos informations », « connectez-vous » : le lien mène à une copie de la page de connexion, et ce que vous y tapez part chez l'expéditeur. Pour vous connecter, passez par l'application ou un favori, jamais par le lien d'un message.
- Une bonne nouvelle inattendue
- Remboursement, gain, cadeau : une bonne nouvelle ne déclenche pas de méfiance, et c'est ce qui la rend utile. Un remboursement réel apparaît dans votre espace officiel, et un gain pour un jeu auquel vous n'avez pas joué n'existe pas.
- Un organisme ou une autorité
- Le nom d'une banque, d'une administration ou de la police coupe court aux questions : on n'ose pas vérifier. Ce nom peut être copié par n'importe qui. Vérifiez en contactant l'organisme vous-même, par un numéro ou un site que vous connaissez déjà.
- Un proche qui a changé de numéro
- « C'est moi, j'ai un nouveau numéro » suivi d'une demande d'argent est le scénario de l'usurpation d'un proche. Appelez la personne sur son ancien numéro avant toute chose : c'est la vérification qui tranche.
- Une demande de discrétion
- « N'en parlez à personne » isole : la personne qui pourrait vous dire en dix secondes que c'est une arnaque est exactement celle qu'on vous demande de ne pas prévenir. Une demande d'argent confidentielle se vérifie toujours.
- Un numéro à appeler
- Le numéro donné dans le message mène à l'expéditeur, pas à l'organisme. S'il est surtaxé, l'appel lui-même vous coûte. Pour joindre un organisme, utilisez le numéro inscrit sur votre carte, votre contrat ou son site officiel.
- Un colis ou une livraison
- Ces messages sont envoyés en masse : une partie des destinataires attend forcément un colis. Rattachez toujours le message à un numéro de suivi que vous avez déjà, sur le site du transporteur ouvert par vous-même.
- Une amende ou une contravention
- Un avis de contravention arrive par courrier, pas par SMS avec un lien. Un montant à régler vite, sous peine de majoration, est le scénario de la fausse amende : vérifiez sur le site officiel de paiement des amendes, ouvert par vous-même, avec le numéro de l'avis.
- Un logement à réserver à distance
- Un loyer bas, un propriétaire à l'étranger, des clés envoyées après virement : un logement réel se visite avant de payer quoi que ce soit, et son propriétaire se rencontre ou se joint par téléphone.
- Un changement de carte SIM
- Si vous n'avez rien demandé, quelqu'un fait transférer votre numéro sur sa carte pour recevoir vos codes de sécurité. Appelez immédiatement votre opérateur, sur le numéro de votre contrat ou de son site, pour bloquer la ligne.
- Un changement d'adresse ou de numéro de récupération
- L'adresse de secours sert à reprendre un compte. Si elle change sans vous, quelqu'un prépare la réinitialisation de votre mot de passe. Connectez-vous vous-même tout de suite et annulez le changement dans les paramètres de sécurité.
- Un paiement à « débloquer »
- Recevoir de l'argent ne demande jamais de « débloquer » quoi que ce soit, ni de se connecter à sa banque depuis un lien. Un paiement reçu se constate dans votre espace bancaire, ouvert par vous-même.
- Une facture à régler
- Une facture inattendue, au montant modeste, avec un lien de paiement, compte sur le fait que personne ne vérifie les petites sommes. Rapprochez-la d'une commande réelle et vérifiez auprès du prestataire, depuis votre propre compte.
- Une alerte sur votre compte
- Une alerte de connexion ou d'activité suspecte peut être authentique, ou imitée pour vous faire cliquer. Dans les deux cas, la réponse est la même : ouvrez l'application ou le site du service vous-même et regardez l'historique de connexion.
- Un placement ou un rendement
- Rendement élevé et risque nul ne vont jamais ensemble. Avant tout versement, vérifiez que la société est autorisée auprès du régulateur financier, et ne payez jamais pour récupérer de l'argent.
- Une offre d'emploi ou de mission
- Un emploi facile et bien payé, proposé sans entretien, cache souvent des frais à avancer, une demande de documents d'identité ou l'usage de votre compte bancaire. Un employeur réel ne vous fait jamais payer.
- Une demande d'installer une application ou de prendre la main
- Installer une application de prise en main à distance donne à l'interlocuteur le contrôle de votre appareil, et de ce que vous y ouvrez — y compris votre banque. Aucun support ne vous contacte pour vous la faire installer.
- Un chantage à des images ou à des données
- « J'ai des vidéos de vous », « je publierai vos données » : ces messages sont souvent envoyés en masse, sans rien de réel derrière. Ne payez pas, ne répondez pas, gardez des captures et changez le mot de passe s'il est cité.
- Un lien à ouvrir
- Le lien est le chemin que l'expéditeur a choisi pour vous. Même si l'adresse paraît correcte, pour vous connecter ou payer, passez par l'application officielle ou un favori. L'analyse de l'adresse ci-dessous dit à qui elle appartient, pas si le site est honnête.
Ce que l'outil ne fait pas
- Il ne dit jamais qu'un message est « sûr » : il n'a aucun moyen de le savoir.
- Il n'ouvre pas les liens et ne suit pas les redirections : la destination d'un lien raccourci reste inconnue.
- Il ne connaît pas l'expéditeur réel : un nom ou un numéro affiché peut être imité.
- Il n'utilise aucune intelligence artificielle et ne compare pas le message à une base d'arnaques connues.
Exemples fictifs
Ces messages sont inventés pour l'entraînement : aucune organisation ni adresse réelle. Chacun correspond à une simulation, où vous décidez quoi faire avant de voir l'explication.
Exemple fictif — Un colis bloqué (SMS)
Votre colis est en attente de livraison. Des frais de réexpédition de 1,95 € restent dus : https://suivi-transportfictif.example-not-real.test/reglement
Faux livreur / colis en attente · S'entraîner sur ce message
Exemple fictif — Une amende impayée (SMS)
Avis de contravention n°FR88231 non réglé. Majoration sous 48h. Réglez sur : amende-service-fictif.example-not-real.test/payer
Exemple fictif — Un proche au nouveau numéro
Coucou c'est moi, j'ai cassé mon téléphone, voici mon nouveau numéro 🙂 J'ai un souci : je n'ai pas encore accès à mon appli bancaire et j'ai une facture de 780 € à régler avant ce soir. Tu peux la payer pour moi ? Je te rembourse dès demain. Je t'envoie l'IBAN. (Je ne peux pas appeler, mon micro ne marche plus.)
Usurpation d'un proche par messagerie · S'entraîner sur ce message
Exemple fictif — Votre banque (email)
Cher client, Notre dispositif de sécurité n'a pas pu revalider votre accès en ligne. Sans confirmation de votre part sous 48 heures, l'accès à votre espace sera suspendu. Revalider mon accès : https://espace-client.banque-fictive-alerte.example-not-real.test/revalidation Service Clients
Exemple fictif — Un virement urgent de la direction
Bonjour, Je suis en déplacement et sur une opération confidentielle. J'ai besoin que vous exécutiez aujourd'hui un virement de 24 800 € vers le compte ci-joint. L'opération est sensible : merci de ne pas en parler à l'équipe, je vous expliquerai lundi. Confirmez-moi dès que c'est parti.
Faux ordre de virement (fraude au président) · S'entraîner sur ce message
Questions fréquentes
L'outil peut-il me dire qu'un message est sûr ?
Non, et il ne le dira jamais. Il repère des procédés que les arnaques utilisent ; un message qui n'en contient aucun peut quand même être frauduleux, surtout s'il est bien rédigé. La seule vérification fiable reste de contacter l'organisme vous-même, par un numéro ou un site que vous connaissez déjà.
Le message que je colle est-il envoyé ou enregistré ?
Non. L'analyse se fait entièrement dans votre navigateur : le texte n'est envoyé à aucun serveur ni à aucune intelligence artificielle, il n'est pas enregistré, et les liens qu'il contient ne sont jamais ouverts. Quand vous partagez un résultat, le lien ne contient que la liste des procédés repérés.
Que faire d'un SMS frauduleux ?
Ne cliquez pas et ne répondez pas. En France, vous pouvez le transférer gratuitement au 33700, le numéro de signalement des SMS indésirables, puis le supprimer. Si le message parle de votre banque ou d'un compte, vérifiez en ouvrant vous-même l'application officielle.
J'ai déjà cliqué sur le lien ou répondu : que faire ?
Tout dépend de ce que vous avez donné. Si vous avez saisi un mot de passe, changez-le depuis le site officiel ; si vous avez donné des coordonnées bancaires ou validé un paiement, appelez votre banque pour faire opposition. La checklist d'urgence donne les premiers gestes, dans l'ordre.
Pourquoi l'outil ne trouve rien alors que je suis sûr que c'est une arnaque ?
Parce qu'il cherche des procédés précis — un délai, une demande de code, un lien, des frais — et qu'une arnaque peut s'en passer, notamment au début d'une conversation. Fiez-vous à votre doute : ne donnez rien et vérifiez par un autre canal.
Pour aller plus loin
Les arnaques que l'outil reconnaît
- Faux gain, fausse loterie
- Arnaque à la petite annonce
- Offre d'emploi frauduleuse
- Faux support technique
- Usurpation d'un proche par messagerie
- Fraude au changement de RIB
- Faux ordre de virement (fraude au président)
- Contournement de la double authentification
- Agent conversationnel malveillant
- Faux conseiller bancaire
- Phishing (hameçonnage)
- Smishing (hameçonnage par SMS)
- Hameçonnage généré par IA
- Faux remboursement
- Faux agent administratif
- Fausse amende
- Scareware (logiciel alarmiste)
- Vishing (hameçonnage par téléphone)
- Abonnement et SMS surtaxés
- Faux livreur / colis en attente
- Arnaque à la location
- Échange de carte SIM
- Détournement de la récupération de compte
- Arnaque à l'investissement
- Fausse facture
- Bourrage d'identifiants
- Attaque par force brute
- Piratage de messagerie
- Deepfake vidéo
- Chantage au faux piratage
- Chantage après une fuite de données